UNE ARTISTE VERMELLOISE DANS LES MUSEES AMERICAINS

Céline Marie TABARY ! Ce nom vous est peut-être inconnu et pourtant elle est née à Vermelles le 29 juillet 1908 dans la demeure familiale au 41 rue de Mazingarbe, l’actuelle rue Florent Evrard. Son père, Louis TABARY, notable de notre commune, y possédait une entreprise de menuiserie prospère et réputée. Sa mère, Julie VALEMBOIS, native d’Hersin-Coupigny, veillait au confort du ménage et à l’éducation de la petite Marie, premier enfant du couple née deux ans plus tôt en 1906.

Dès ses plus jeunes années, Céline montre de remarquables dispositions pour le dessin et la peinture. Ses premiers portraits au fusain sont étonnants de précocité et de talent. Hélas la première guerre mondiale et l’horrible désastre qu’eut à subir notre village éloignent la famille TABARY qui ne retrouve son lieu d’habitation et ses ateliers qu’à la fin de 1919.

Malgré cette parenthèse obligée, la passion artistique de Céline reprend de plus belle, doublée d’un parcours scolaire brillant. Mais ce n’est qu’en début d’année 1937 qu’elle saute réellement le pas en intégrant la prestigieuse école de peinture Chauler Beat-Ozeel à Lille. Très vite son talent et son originalité sont remarqués.

Incitée à rejoindre la capitale, notamment par Emile BERNARD (peintre lillois associé à l’école de Pont-Aven où il côtoie Van Gogh et Gauguin), Céline poursuit dès 1938 son parcours artistique à Paris au sein de l’académie Julian, célèbre pour avoir accueilli entre autres grands noms DUBUFFET, DUCHAMP ou MATISSE.

Ses premières influences sont post-impressionnistes, Céline peignant essentiellement des paysages et des scènes de terrasses de cafés. Ses travaux sont exposés au Salon des Artistes Français et connaissent un franc succès. Elle collabore à la réalisation d’œuvres de Paul EACHBACH et Maurice DECAMPS.

Durant son séjour parisien, elle se lie d’une profonde amitié avec l’artiste afro-américaine Lois Mailou JONES, l’une des figures importantes du mouvement de la Renaissance de Harlem. A sa suite, Céline embarque pour les Etats-Unis en décembre 1938 pour ce qui ne devait être qu’un court séjour. Mais les prémices de la guerre rattrapent la vermelloise et elle s’installe à Washington pour les sept années qui suivent son arrivée sur le sol américain.

Céline continue à peindre et à exposer ses œuvres dans les galeries de la ville, notamment la Corcoran Gallery et la Whyte Gallery, mais aussi à Boston ou au Capitole. Elle reçoit en 1944 un prix distinguant la qualité et la beauté de ses paysages au National Museum. A cette activité elle ajoute un emploi de professeur des beaux arts à l’université d’Howard.

Bien que la fin de la guerre lui permette de revenir en France, Céline décide de poursuivre son séjour à Washington, ne se contentant de revenir chez nous en Artois que pour quelques semaines chaque été.

Dans les années cinquante, elle intègre le cercle très fermé de la Washington Society of Artists et continue à exposer avec succès à travers tout le pays.

Entre temps la famille TABARY quitte Vermelles pour s’installer dans le Bruaysis. Louis, son père, décède en 1957 à Haillicourt. Sa mère, Julie, décède à Béthune en janvier 1962.

Céline, elle, finira ses jours en France dans les Vosges. Elle meurt dans l’anonymat le 23 mai 1993 à Saint-Dié. Aujourd’hui encore ses œuvres sont exposées à Washington et son indéfectible amitié avec la peintre Lois Mailou JONES, en pleine ségrégation raciale, marquera à jamais l’universalité de l’art et surtout la grandeur d’âme de cette fille de Vermelles dont nous pouvons être très fiers. 


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