🏰 Vie et Destin de Marie-Françoise-Constance-Antoinette d’Assignies (1740-1805), seigneuresse de Vermelles

NĂ©e Ă  l’aube de la seconde moitiĂ© du XVIIIe siĂšcle, Marie-Françoise-Constance-Antoinette d’Assignies (1740-1805) fut l’incarnation de la haute noblesse d’Artois sous l’Ancien RĂ©gime. Fille du marquis d’Assignies et Ă©pouse du comte François-Ferdinand de Lannoy, elle rĂ©gnait sur un vaste ensemble de seigneuries, dont la baronnie d’Annequin, dont le chĂąteau Ă©tait rĂ©putĂ© ĂȘtre « la plus belle maison du Pays d’Artois ». Cet article retrace la vie de celle qui fut non seulement une figure de l’opulence aristocratique, menant un train de vie fastueux et exerçant une domination seigneuriale sans partage sur ses terres (dont celles de Vermelles), mais aussi la derniĂšre marquise d’Assignies.

Son destin bascule avec la RĂ©volution. TĂ©moin de l’abolition des privilĂšges et du dĂ©cĂšs de son mari, Marie-Françoise-Constance-Antoinette d’Assignies est contrainte de troquer son titre pour celui de « citoyenne Dassignies » et se voit emprisonnĂ©e Ă  BĂ©thune en pleine Terreur. De la splendeur des chĂąteaux aux humiliations des geĂŽles, son parcours illustre le renversement brutal de la sociĂ©tĂ© française. Cet article explore la chronologie de cette existence hors du commun, de la richesse de son hĂ©ritage Ă  sa rĂ©silience face Ă  l’effondrement de son monde.


I. ✹ Splendeur de l’Ancien RĂ©gime : La Marquise d’Assignies et le Comte de Lannoy


1. Naissance et Union d’une Grande LignĂ©e


Marie Françoise Constance Antoinette d’Assignies est nĂ©e Ă  Annequin le mercredi 22 juin 1740, Ă  quatre heures de l’aprĂšs-midi, et fut baptisĂ©e deux jours plus tard dans l’Ă©glise de la paroisse.(voir document 1). Elle Ă©tait la fille du marquis Charles-François-Florent d’Assignies et de Marie Madeleine Joseph Alexandrine de Tramecourt. Son parrain Ă©tait messire Antoine François LĂ©onard de Tramecourt et sa marraine, demoiselle Marie Julie Constance d’Assignies. (voir document 1).


À l’Ăąge de seize ans, le lundi 8 novembre 1756, elle se marie Ă  Annequin avec François-Ferdinand de Lannoy, comte de Lannoy et du Saint-Empire (voir documents 2 et 3). NĂ© Ă  Barcelone le 23 fĂ©vrier 1732, son Ă©poux possĂ©dait une carriĂšre militaire et de prestigieux titres : baron de Wasnes, seigneur de La ComtĂ©, Annapes, Estrus, Regnauville, Capelle, Guistelle, Roncq, Wardrecht, Aspierre, MarĂ©chal de Camp, Lieutenant du RĂ©giment du Roi et Colonel aux Grenadiers de France (en aoĂ»t 1758).


Dans son acte de mariage, Marie Françoise Constance Antoinette d’Assignies est dite «Dame d’Annequin, Vermeille, Noyelle, Verquin, Allouagne, ThĂ©rouane et de la terre et comtĂ© de Blangerval», scellant une union entre deux des plus puissantes familles d’Artois.


2. La vie de ChĂąteau : Le faste de « La plus belle maison du Pays d’Artois »

Les familles Du Chastel puis d’Assignies habitĂšrent le chĂąteau d’Annequin durant les XVIIe et XVIIIe siĂšcles, y menant grand train et dĂ©pensant sans compter pour s’assurer un quotidien trĂšs luxueux.

L’Ă©difice Ă©tait cĂ©lĂšbre pour son faste et ses collections d’art, comme en tĂ©moigne la description donnĂ©e en 1695 par Pierre-Louis Jacobs d’Hailly :

«…nous allĂąmes voir la maison du comte de Blangerval Ă  Ennequin, qui est la plus grosse et la plus belle maison du pays d’Artois. Elle est Ă  deux lieues de BĂ©thune. L’on y voit une grosse quantitĂ© de tableaux trĂšs rares que l’on estime infiniment. La plupart sont des tableaux et des portraits d’ancĂȘtres rĂ©alisĂ©s par Van Dick. ll y a un Leda, autre peintre qui est estimĂ© ĂȘtre un chef d’oeuvre de peinture. Les appartements et les jardins sont trĂšs beaux.Cette maison mĂ©rite bien que l’on se donne la peine d’y aller et l’on est trĂšs agrĂ©ablement reçu par le comte de Blangerval  »

Construit au XIVe siĂšcle, le chĂąteau Ă©tait dĂ©crit par ceux qui l’ont visitĂ©, comme la forteresse la plus parfaite de la contrĂ©e, Ă©difiĂ©e sur le haut d’Annequin.

Il s’agissait d’un corps de logis carrĂ© rĂ©gulier, selon le goĂ»t de l’Ă©poque oĂč il fut bĂąti, le XIVe siĂšcle. Il Ă©tait flanquĂ© de quatre tours et entourĂ© de larges fossĂ©s pleins d’eau. La cour Ă©tait aussi carrĂ©e mais Ă©troite et on y entrait par une porte cintrĂ©e en ogive, dĂ©fendue par deux tourelles de chaque cĂŽtĂ© du pont-levis, reliĂ©es au reste de la forteresse par un mur parallĂšle. Le chĂąteau Ă©tait bĂąti partie en grĂšs, partie en pierres grises dures .Trois des tours Ă©taient rondes et voutĂ©es, Ă©paisses par le bas de sept pieds et demi. La quatriĂšme, qui Ă©tait la plus haute, s’Ă©levait Ă  droite en entrant dans le chĂąteau, ronde et couronnĂ©e de machicoulis et carrĂ©e Ă  l’intĂ©rieur avec un mur de ceinture crĂ©nelĂ©. DerriĂšre cette tour s’en Ă©levait une autre contiguĂ«, de forme hexagonale et une plus haute encore qui devait ĂȘtre le donjon. La piĂšce maĂźtresse Ă©tait le donjon, une tour d’une hauteur impressionnante atteignant 130 pieds (environ 40 mĂštres). Toutes ces tours Ă©taient recouvertes d’un toit en flĂšche surmontĂ© d’une boule. L’intĂ©rieur du chĂąteau contenait quatre Ă©tages, les caves comprises, car tous les offices Ă©taient en sous-sol. Il y avait aussi une chapelle particuliĂšre amĂ©nagĂ©e dans la muraille et dont le chevet arrondi faisait saillie sur le fossĂ©. Les archives Ă©taient au premier Ă©tage de la grosse tour.

Croquis reconstitué selon les archives du chùteau 1

Croquis reconstitué selon les archives du chùteau 2


3. L’emprise seigneuriale et l’impopularitĂ© des d’Assignies


Les seigneurs d’Assignies et de Lannoy rĂ©gnaient sur une vaste administration locale.

La seigneurie d’Annequin, dans la mouvance de la chĂątellenie de Lens, fut Ă©rigĂ©e en baronnie en 1629 ou 1630. Les mariages successifs avaient rĂ©uni les terres d’Annequin, Vermelles, Noyelles, Verquin et Blangerval. Les lettres-patentes de cette crĂ©ation furent enregistrĂ©es en la Chambre des Comptes de Lille, au registre des chartres commençant en novembre 1629 et finissant en dĂ©cembre 1630.

Leurs employĂ©s Ă©taient nombreux, incluant un bailli, qui exerçait les fonctions d’officier de justice, un greffier, et un sergent.

Le bailli exerçait les fonctions d’officier de justice Ă  leur place.

Chacune de leurs fermes seigneuriales, chacun de leurs moulins, chacun de leurs fours à pain, notamment à Annequin, Noyelles et Vermelles étaient loués à un censier ou un meunier faisant fonction de lieutenant de bailli dans chacun de ces villages sur les terres relevant du seigneur.

Le greffier effectuait toutes les Ă©critures administratives. Le sergent tenait le rĂŽle de garde-champĂȘtre sous les ordres du lieutenant. ReprĂ©sentants du seigneur, nommĂ©s par lui, les lieutenants appliquaient les dĂ©cisions de justice du lieu, rĂšglaient les diffĂ©rends, avec l’aide des hommes du fief lorsqu’il s’agissait de terres seigneuriales et des hommes cotiers dans le cas des tenures roturiĂšres soumises Ă  censives. Ils prĂ©sidaient les assemblĂ©es de communautĂ© pour les problĂšmes la concernant, comme la levĂ©e des impĂŽts et des redevances, la fixation d’assiettes exceptionnelles, l’administration de la Table des pauvres et de la Fabrique de l’Ă©glise ou le recrutement de la milice.

Les dames avaient des femmes de chambre, les seigneurs des valets de chambre. On note Ă©galement des gardes d’enfants, une lingĂšre, une servante de cuisine, des servantes de basse-cour, un maĂźtre-cuisinier, un chasseur, un portier ou une portiĂšre, un berger, un sommelier, etc…Les seigneurs eurent Ă©galement Ă  certaines Ă©poques, un aumĂŽnier particulier, prĂ©cepteur de leurs enfants.

Les archives témoignent de leur grande sévérité.

Des procĂ©dures engagĂ©es par eux montrent Ă  quel point ces seigneurs d’Assignies, de Lannoy ou du Chastel pouvaient se montrer exigeants et intraitables, faisant fi de toute humanitĂ© vis Ă  vis des villageois qu’ils maltraitaient le plus souvent. Ils Ă©taient l’archĂ©type des privilĂ©giĂ©s de l’ancien rĂ©gime, forts de leur force et de leur emprise, vaniteux et arrogants, mĂ©prisant leurs paysans et leurs serviteurs.

Un dicton local Ă  Allouagne les dĂ©crivait mĂȘme comme « mĂ©chant comme un d’Assignies ».


II. ⛈ Le temps des orages : De la Marquise Ă  la « Citoyenne Dassignies »


1. La fin des privilĂšges et le veuvage (1789-1790)

Les temps de la splendeur s’achĂšvent avec la RĂ©volution. Le 4 aoĂ»t 1789, l’abolition de tous les titres de noblesse et privilĂšges fait de Marie-Françoise-Constance-Antoinette la derniĂšre marquise d’Assignies.

Son mari, François-Ferdinand de Lannoy, meurt peu aprĂšs au sein de la paroisse Saint-Eustache Ă  Paris, le 20 janvier 1790 (voir document 4). Il a laissĂ© un certain nombre d’actes retraçant son parcours civil et militaire, ainsi que celui de sa famille (voir documents 8). Parmi ces prĂ©cieux documents se trouvent :

Document 4 : acte de décÚs de François Ferdinand de Lannoy

le testament du comte de Lannoy(voir document 8a), un inventaire aprĂšs son dĂ©cĂšs(voir documents 8b), l’acte de vente d’un bien familial(voir document 8c), un Ă©tat des services aux armĂ©es du Roi (voir document 8d), une lettre de juillet 1768 du Ministre de la Guerre(voir document 8e), un acte Ă©tablissant une rente viagĂšre accordĂ©e au comte par le Roi de France,(voir document 8f) une convention de juillet 1771 (voir document 8g), une gĂ©nĂ©alogie de la famille de Lannoy avec les enfants du couple Lannoy – d’Assignies(voir document 8h), une transaction du 16 octobre 1783(voir document 8i), deux actes rattachant le comte Ă  la commune de Verquin.(voir documents 8j )

document 8 a : testament du comte de Lannoy

document 8b: Inventaire aprÚs décÚs du comte de Lannoy

document 8c: acte de vente d’un bien familial

document 8d: état des services aux armées du Roi

document 8e: lettre de juillet 1768 du Ministre de la Guerre

document 8f: acte établissant une rente viagÚre accordée au comte par le Roi de France

document 8g: une convention de juillet 1771

document 8h: généalogie de la famille de Lannoy

document 8h:une transaction du 16 octobre 1783

document 8j Actes rattachant le comte Ă  la commune de Verquin.

Face aux troubles qui s’ensuivent, la marquise, devenue veuve, quitte le chĂąt
eau d’Annequin pour s’installer dans un de ses immeubles Ă  BĂ©thune, au 2 de la rue des Petits Becquereaux (actuelle rue Louis Blanc).


2. đŸŒȘ L’arrestation sous la Terreur (Janvier-FĂ©vrier 1794)

C’est Ă  BĂ©thune dans son hĂŽtel particulier en tant que simple « citoyenne Dassignies » qu’elle est arrĂȘtĂ©e le jeudi 16 janvier 1794 (ou le 28 pluviĂŽse an II selon le calendrier rĂ©volutionnaire) par le comitĂ© de surveillance, prĂ©sidĂ© Ă  Arras par Joseph Le Bon, sur ordre des reprĂ©sentants du peuple Saint-Just et Le Bas.

L’arrestation s’effectue en vertu d’un dĂ©cret de la Convention du 24 nivĂŽse de l’An II relatif notamment aux anciens nobles suspects d’esprit contre-rĂ©volutionnaire.

Extrait de sa dĂ©claration. Voici ce qu’elle dĂ©clare lors de son arrestation (sic) :

« La citoyenne marie françoise constance antoinette dassignies, veuve de françois ferdinant lannoy, dĂ©clare avoir cinquante quatre ans, elle ne peut dire son revenue ayant des charges a payĂ© de sur son biens, ayant le sellĂ©e de sur ses papiers, je dĂ©clare ĂȘtre cultivatrice est jen ai fait la dĂ©claration aux dont forcĂ©e est aux administrateurs du directoire du district de la commune de bĂ©thune je dĂ©clare avoir Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e le vingt huit pluvios par mesures de suretĂ© gĂ©nĂ©ral des reprĂ©sentants st just est le bas Ă  bĂ©thune le dix dĂ©cadi de messidor lan deuxiĂšme de la rĂ©publique française une et indivisible, la citoyenne Vᔉ lannoĂż Â».

Sur le tableau rĂ©capitulatif rempli le 6 germinal de l’An II (26 mars 1794) par le comitĂ© de surveillance) de BĂ©thune, il est mentionnĂ© (sic) :

« Marie Françoise Constance d’Assigny veuve de françois ferdinand Delanoy domiciliĂ©e dans cette commune ĂągĂ©e de 54 ans ayant cinq enfants, dont un garçon ĂągĂ© de 30 ans domiciliĂ© Ă  paris…..et quatre filles, la 1Ăšre ĂągĂ©e de 29 ans domiciliĂ©e Ă  thermisse DĂ©pt de la CĂŽte d’Or, la 2Ăšme ĂągĂ©e de 27 ans domiciliĂ©e rue St HonorĂ©, la 3Ăšme ĂągĂ©e de 25 ans domiciliĂ©e Ă  Sainte DĂ©pt de la Seine infĂ©rieure, la 4Ăšme ĂągĂ©e de 24 ans domiciliĂ©e avec sa sƓur ainĂ©e Ă  thermisse Â».

« DĂ©tenue dans la maison d’arrĂȘt de femmes de cette commune comme ci-devant noble depuis le 27 nivĂŽse arrĂȘtĂ© par le comitĂ© de surveillance de bĂ©thune en vertu de l’arrĂȘtĂ© des reprĂ©sentants du peuple St jĂŒst et Lebas Â».

« Cultivatrice Â»

« Avant la rĂ©volution elle ne sait pas de quoi elle jouissait Ă©tant impuissant de mari, et depuis la rĂ©volution environ 20 000 l de revenus dont une partie des biens a Ă©tĂ© dĂ©vastĂ© par l’ennemi dans les environ de Cambray Â».

« Elle a des relations et des liaisons avec des patriotes Â».

« Son caractĂšre et ses opinions aux Ă©poques ci-dessus dĂ©signĂ© nous on paru conforme Ă  la RĂ©volution Â».


La noble dame est incarcĂ©rĂ©e comme simple citoyenne au quartier de sĂ©curitĂ© de l’Esplanade, chambre n°11 Ă  la premiĂšre place de la cellule avec d’autres dĂ©tenues.


3. En geÎle : résilience et défense du patrimoine

MalgrĂ© la dĂ©tention, la veuve d’Assignies montre une dĂ©termination qui tĂ©moigne de son ancien statut. ÂgĂ©e de 54 ans et mĂšre de cinq enfants, elle ne cesse d’agir pour protĂ©ger ses biens. Durant son incarcĂ©ration, elle pĂ©titionne Ă  deux reprises :

  • Une premiĂšre autorisation lui sera accordĂ©e pour obtenir la libre disposition du vin de sa cave. A cette fin, le ComitĂ© dĂ©signera deux commissaires chargĂ©s de lui remettre les bouteilles.
  • Une seconde pĂ©tition sera rĂ©digĂ©e et transmise par son fondĂ© de pouvoir, le sieur Jean-Baptiste BOULLANGE, greffier du tribunal, qui souhaitait ĂȘtre autorisĂ© par le ComitĂ© Ă  prendre possession de documents dĂ©posĂ©s chez Eloy BOIDIN, Echevin de BĂ©thune et Avocat au Conseil d’Artois. Ces documents Ă©taient des piĂšces de procĂ©dure dans un procĂšs intentĂ© par Marie-Françoise-Constance-Antoinette d’ASSIGNIES contre la communautĂ© villageoise de Noyelles-les-Vermelles pour des contestations fonciĂšres.

Le fait qu’elle engage un procĂšs contre la communautĂ© villageoise de Noyelles-les-Vermelles pendant son incarcĂ©ration montre une force de caractĂšre incroyable.

Lors de son procĂšs, elle est dite «veuve Delaunoy»et «agricultrice bĂ©nĂ©ficiant d’un revenu de vingt mille livres». Elle parvient Ă  se justifier des reproches qui lui sont adressĂ©set est libĂ©rĂ©e peu aprĂšs. Par dĂ©libĂ©ration du Conseil ExĂ©cutif en date du 10 ventĂŽse de l’An II (28 fĂ©vrier 1794), son nom est retirĂ© de la liste des Ă©migrĂ©s (voir document 5).
Cela montre une adaptation forcĂ©e, ou une stratĂ©gie habile, pour ne pas ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une simple noble « rentiĂšre » vivant de privilĂšges abolis, mais comme une simple productrice agricole utile Ă  la RĂ©publique.


III. ⏳ 📉 Épilogue : L’extinction d’une lignĂ©e (1794-1805)


1. Les derniÚres années

AprĂšs sa sortie de prison le 21 septembre 1794, Marie-Françoise-Constance-Antoinette quitte BĂ©thune pour s’installer Ă  Lille, rue Saint-AndrĂ©. Elle y meurt le 25 messidor de l’An XIII, soit le 14 juillet 1805, vers quatre heures du matin.(voir documents 6 et 7).

Cette date marque la fin de cette branche de la famille d’Assignies.


2. La disparition du chĂąteau


Marie-Françoise-Constance-Antoinette d’ASSIGNIES fut la derniĂšre chĂątelaine Ă  occuper le chĂąteau d’Annequin. Ses enfants vendirent la bĂątisse et les terres en 1820 Ă  un entrepreneur lillois, M. Colombier, qui le fit dĂ©truire au milieu du XIXe siĂšcle pour en exploiter les ressources. De cet Ă©difice, jadis la forteresse la plus remarquable de la rĂ©gion, aucun vestige ne subsiste aujourd’hui.

Le fait que le chĂąteau soit vendu pour ĂȘtre dĂ©truit et exploitĂ© par un entrepreneur lillois symbolise parfaitement la victoire finale de l’Ăšre bourgeoise et industrielle sur l’ancienne noblesse et son patrimoine.


Le destin de Marie-Françoise-Constance-Antoinette d’Assignies, de la marquise opulente Ă  la simple citoyenne agricultrice emprisonnĂ©e, reste un tĂ©moignage exceptionnel des bouleversements vĂ©cus par la noblesse française Ă  l’Ă©poque de la RĂ©volution.


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