Les polonais

LES POLONAIS A VERMELLES (par Christian NOWICKI)

Peu d’archives anciennes sur l’immigration polonaise à Vermelles. Cette photographie est probablement la plus éloignée dans le temps, il y a plus d’un siècle, prise très exactement le 12 août 1923, dans le coron du Philosophe. Elle représente une Première Communion d’enfants polonais. Elle correspond bien à la période de cette arrivée dite « massive » de main d’œuvre polonaise dans le Bassin Minier : signature de la convention d’immigration entre la France et la Pologne en 1919, arrivée des premiers Polonais à partir de 1920 puis d’autres, de plus en plus nombreux avec leurs familles, jusque 1930 ; le pic de ces arrivées est justement l’année 1923, celle de la photographie. On remarque que deux prêtres de la Mission Catholique polonaise de Paris encadrent la manifestation mais il n’y aura pas à Vermelles, à proprement parler, de « paroisse polonaise » avec une chapelle dédiée : juste des messes régulières en langue polonaise à l’église Saint Pierre ; car la présence des mineurs polonais et de leurs familles y était moins importante qu’à Mazingarbe, Lens ou surtout Marles-les-Mines où plus de la moitié des habitants en 1930 vient de Pologne ! Les Polonais de Vermelles proviennent essentiellement de la région allemande de Westphalie, des mines de la Ruhr : ils amèneront ici leur savoir-faire pour rebâtir l’industrie minière française exsangue après la guerre.

Des associations polonaises vont se créer dont on a aussi peu de traces, essentiellement paroissiales : l’Association des Hommes Catholiques polonais (KMT), celle du Rosaire pour les femmes. On remarque au centre de cette photo prise devant l’église Saint Pierre dans les années 30, le vexille de l’asso’ (c’est-à-dire son « étendard ») qui précise qu’elle a été créée dès 1926 à Vermelles. Ces associations avaient pour habitude de se réunir dans l’arrière-salle d’un bistrot, tenu par un Polonais : le Café Tupajka.