NOTRE EGLISE AVANT 1789 Seconde partie

La première partie de cet article mentionnait la présence de pierres tumulaires au sein de notre ancienne église. Mais le Dictionnaire d’Epigraphie du Pas-de-Calais nous apprend qu’il ne s’agit pas là des seuls vestiges remarquables relevés par les historiens lors des travaux descriptifs du monument.

Rappelons-nous, et pour mieux imaginer à quoi ressemblait notre église avant 1789, que le clocher s’élevait en surplomb de la croisée du transept comme le montrent les anciennes gravures et photos reproduites dans la galerie de ce site. Toute la solidité de l’édifice reposait sur le grés d’Artois extrait dès le XIème siècle dans des carrières au nord d’Arras. Aujourd’hui encore ces lits de grés subsistent et, après avoir été récupérés dans les ruines de l’après-guerre, ils constituent les fondations encore visibles du bâtiment.

Outre les deux fûts de colonnes qui encadrent l’escalier, un grés remarquable à droite du portail dévoile l’empreinte compagnonnique d’un tailleur de pierre ayant en ces temps lointains participé à l’élévation de notre lieu de culte. Payé à la tâche, chaque bâtisseur y laissait sa marque d’œuvre pour justifier l’ampleur du travail accompli. Composée de deux diagonales recentrées sur le haut, elles entrecoupent un cœur écartelé. Il s’agit là d’une marque dite de tâcheron et non celle d’un compagnon passant et ne nous éclaire donc pas sur l’identité ou l’appartenance du graveur. Mais elle nous relie affectivement à notre passé par le souvenir d’un homme qui, il y a plusieurs siècles, a noblement peiné et souffert pour l’édification de notre église.
A la retombée de la voûte du transept était fixé un grand écusson de pierre. Le Dictionnaire d’Epigraphie nous le décrit de la sorte: «Il était écartelé aux 1 et 4 d’argent fretté de sable, au chef d’or chargé de trois merlettes de sable; aux 2 et 3 d’or au lion léopardé d’azur.» L’auteur ajoute que ces armoiries sont sans doute celles de César, cardinal d’Estrées, évêque de Laon, abbé commendataire d’Anchin de 1681 à 1704, et donc décimateur de la paroisse de Vermelles. «Les arceaux de la voûte portaient sur l’un l’Agneau pascal, sur l’autre un lion ailé et léopardé, les deux autres une hostie rayonnante.»
A l’intérieur du clocher, on trouve autour des auvents de nombreuses inscriptions au couteau, avec entre autres:

  • FEDZY (?) 1586
  • JAN GAILLART LIEUTENAN 1630
  • SIMON HENNEBEL 1634
  • NOTNA (?) 1681
    ou encore celle-ci:
  • En l’an 1676 on a refé la Gyan (?) deglyse de….
    ou celle-là:
  • Lile evt siège en lan 1708

Outre ces inscriptions aujourd’hui disparues, de nombreuses traces de balles étaient encore visibles sur le clocher et le pignon du transept nord. Elles furent le souvenir entaillé dans le bois de la charpente des luttes qui, de 1708 à 1713, se déroulèrent sur le territoire de notre commune.
Plusieurs autres inscriptions ou dates sont relevées par les auteurs:

  • le monograme IHS gravé sur le montant du milieu de la porte du portail avec en dessous l’année 1676
  • la date de 1786 sur la clé de voûte de la porte du cimetière qui jadis entourait l’église
  • la date de 1784 sur les ancres du pignon d’une ferme située à l’entrée du chemin conduisant à l’église
  • la maison située vis-à-vis de la porte de l’église a en pannes brunes sur son toit rouge la date de 1781