1656 Carte de la province d’Artois

Nicolas SANSON (1600-1667), successivement cartographe officiel des rois Louis XIII puis Louis XIV, nous permet de visualiser à quoi ressemblait notre province d’Artois sous le Roi Soleil.
Sur cette carte datant de 1656, chacun peut noter :
- l’orthographe de notre commune « VERMEILLES »
- la présence du « Rutoire » en tant qu’entité administrative autonome
- l’importance des zones marécageuses qui traversaient du nord au sud la totalité de notre territoire
- la localisation de villages aujourd’hui disparus : RUMIERE, BROUNES, FREQUIN
Histoire de cloches et de clocher
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HISTOIRES DE CLOCHES ET DE CLOCHER
Grâce aux photos prises par les services techniques lors des récents travaux de rénovation, chacun a pu avec bonheur constater l’état de la cloche de notre église. Cette vieille demoiselle a scandé la vie de notre commune, au rythme de nos joies et de nos peines.
Mais que savons-nous d’elle ?
Elle fut portée sur les fonds baptismaux le dimanche 23 septembre 1928. Son acte de bénédiction fut ainsi rapporté :
« Bénédiction d’une cloche à Vermelles – 23 septembre 1928 – Voix de la cloche :
Je m’appelle MARIE ELISABETH ERNESTINE ALEXANDRINE
J’ai été baptisée par Monsieur le Vicaire Général GUILLEMANT, délégué de Sa Grandeur Monseigneur JULIEN, Evêque d’Arras.
Monsieur l’abbé Elie LEU étant curé.
J’ai eu pour Parrain Monsieur Ernest SINTIVE et pour Marraine Madame Augustin BREHON.
Je pèse 1050 kilos.
Je remplace ALEXANDRINE, bénite en 1765, mutilée au cours de la grande guerre 1914 – 1918.
Je loue le vrai Dieu, je chante vos joies, je pleure vos défunts et toujours je veux évoquer le souvenir glorieux de vos soldats morts au champ d’honneur.
LAUS DEO ! AVE MARIA ! »
Tout semblait donc si incontestable que cette bénédiction a figé l’histoire de nos cloches de génération en génération depuis 1928. Sauf… sauf que des textes viennent malmener et remettre en cause et la datation (1745 et non 1765) et la dénomination et le nombre de ces cloches. Que disent et que nous apprennent ces textes :
« Le six d’aoult mil sept cent quarante cinq après avoir obtenu la permission de Monseigneur Dranssart chanoine et vicaire général de Monseigneur l’évêque d’Arras ai moÿ curé de Vermelle ai faite la bénédiction d’une cloche de Vermelle dans l’église dont on a donné à la grosse cloche le nom de Marie Charlotte, le parrain haut et puissant seigneur messire Charles François Florent Chevalier Marquis d’Assignies, seigneur de Vermelle, Annequin, Noïelles et autres lieux, la marraine fut noble et très illustre damoiselle Jeanne Marie Charlotte d’Assignies, chanoinesse de l’illustre chapitre de Denain.
Signé : Marquis Dassignies de verquin
Le parrain de la petite cloche François Guillain Pronier lieutenant et fermier de monsieur le marquis Dassignies audit Vermelle, la marraine Marie Joseph Deruel, femme de pierre Wattebled fermier de Vermelle lesquels lui ont donné le nom de Marie Françoise.
Signé : François Guislain Pronier -Marie Joseph Deruelle – S.Dumont curé de Vermelle »
A noter que le prénom Marie Françoise fut donné par les paroissiens vermellois en hommage à Marie Françoise Constance Antoinette d’Assignies, épouse de François Ferdinand comte de Lannoy.
Parfois les textes contredisent la tradition orale, et voilà donc « Marie Charlotte » et « Marie Françoise » revenues du passé sous la plume de Sébastien DUMONT, curé de notre commune jusqu’en décembre 1749. Ce sont elles qui sonneront et accompagneront les grands bouleversements révolutionnaires comme les guerres napoléoniennes. Elles peuplent notre imaginaire collectif et Vermelles ne peut que s’enorgueillir de la richesse de son passé.
Les différentes appellations du Rutoire
Devenu un simple hameau, le Rutoire était jadis un village à part entière.
Son nom a évolué au fil des siècles:
– RUCTARIA en 1145
– RUITOIRES en 1217 (actes d’Hugues de Gand, seigneur d’Houdain)
– RUITOIRES en 1223 (ouvrage de Du Chesne sur la Maison de Guines page 488)
– RUITORES au XIVème siècle (archives du Nord de la France tome 6 page 230)
– RUTOIRE le 16 avril 1553 (testament de Charles de Genevières)
– RUYTOIRES en 1613 (Colbert, traité sur la Flandre)
– RUTOIRES en janvier 1685 (distribution de deniers au «village du dict Rutoires»)
– RUETROIRES en 1720 (ouvrage de Saugrain, page 340)
– RUTHOIRE en 1754 (archives de Béthune)
– RUTOIRE le 20 juin 1731 (vente du Rutoire par Charles de Lattre aux frères Cochet)
– RUTOIRE en 1759 (rôle d’impositions des Vingtièmes)
– RUTOIRE le 17 avril 1784 (démembrement du fief de Cocquemplus)
Bien que dépourvu d’irrigation naturelle de nos jours, l’étymologie nous rappelle que le Rutoire fut dans le bas Moyen-âge un lieu où l’on trouvait des bassins ou des retenues d’eau dans lesquels rouissait le chanvre. En effet une ancienne technique – le rouissage aquatique – a donné lieu à la construction et à l’aménagement de grands bassins ou fosses, appelés rouissoirs, routoirs ou ruitoires.
«Cent fois détruit et cent fois reconstruit» disait-on jadis du Rutoire.
Incendié en 1302 lors d’une offensive des Flamands vers le sud (le village de Vermelles fut lui épargné) puis totalement dévasté en 1304, le Rutoire se reconstitue et compte 23 habitations en 1469.
Les rôles d’impositions du Centième nous apprennent que le Rutoire comptait 40 exploitants et 61 pièces de terre le 9 septembre 1569.
Il est totalement détruit lors d’affrontements sur ses terres entre les armées françaises et espagnoles en 1710.
Village et paroisse autonomes, il perdra définitivement son statut administratif durant la Révolution pour devenir un hameau de Vermelles.
La première guerre mondiale, et les combats acharnés qui s’y déroulèrent, laisseront le hameau exsangue et dévasté.
https://maps.app.goo.gl/KDNffg5wbWgP3wvQ6
Le portail de l’église

En 1918, à la fin du premier conflit mondial, une enquête est diligentée par Albert DALIMIER, Sous-Secrétaire d’État aux Beaux-Arts afin d’établir un état des lieux des monuments détruits par l’occupant allemand.
Dans le rapport qui lui est transmis, l’église de Vermelles est ainsi décrite :
« L’église, en forme de croix latine, datait du XVIème siècle pour la partie principale, avec des additions du XVIIème. Sa belle tour centrale, du XIIIème siècle, était porté sur six arcs en grès sans imposte, très épais. Cette église avait conservé un très curieux portail roman du XIIème siècle, ou du commencement du XIIIème, en plein cintre, avec colonnettes à chapiteaux à crochets. »
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1753 Carte de Gilles Robert de Vaugondy, cartographe du Roi Louis XV

Carte de l’ancien baillage de LENS auquel jadis VERMELLES (alors « Vermeille ») appartenait judiciairement et administrativement.

VERMELA
Les dénombrements fournis au châtelain de Lens en 1384 et 1385 constatent qu’il y avait à Vermelles plusieurs fiefs relevant du château de Lens, lesquels étaient tenus par Jean de la Barre, par Mikieu de Moussely et par Pierre Connet (24 mars 1384). Un autre appartenait à Pierre de Hennin qui en donna le dénombrement le 30 mai 1385. Il passa ensuite à Jean de Quevaussart.
En cette même année 1385, le 26 mai, fut fourni au châtelain de Lens un autre dénombrement d’un fief dit de Montauban, possédé par Marie du Bos, veuve de Hamel de Noyelles, et dont fut ensuite propriétaire Flaman de Neuvireuil. (P. Ign. Mém. VI, 752, 157).
Les registres des 20ème de 1757 nous apprennent qu’il y avait aussi une seigneurie vicomtière nommé Cocquemplus, consistant en droits seigneuriaux, tant en argent qu’en grains, volailles, d’un revenu de 12 l. 10 s.
L’ancien château de Vermelles était auprès des marais sur une motte de terre.(…)
L’église, située à l’opposé du château, a pour patron Saint-Pierre. Le collateur était l’abbé d’Auchy, les décimateurs l’abbé d’Anchin, l’abbesse d’Annay et le prieur d’Houdain. Le curé était à portion congrue. La fabrique avait un revenu d’environ 600 l., assis sur 40 mesures de terre.
L’église, construite en pierres de taille du pays, a un aspect monumental. Elle est décorée d’un assez beau portail de la fin du Xième siècle ; il est à plein cintre et repose sur quatre colonnes, malheureusement fort détériorées, et couronné par une corniche. Elle fut bâtie, selon toute apparence aux frais de l’abbaye d’Anchin ; la tour est placée entre le choeur et les nefs, au dessus de la croisée. Les nefs au nombre de trois furent restaurées en 1676.
Sources : Daniel HAIGNERE – Dictionnaire historique et archéologique du Pas-de-Calais – Tome I

