ILS ONT SACRIFIE LEUR VIE POUR LA FRANCE ET POUR NOTRE LIBERTE

JULES ANDRIEU 1896 – 1942

Fils d’instituteur et instituteur lui-même, Jules ANDRIEU naît le 8 février 1896 à Bruay-en-Artois. Il débute dans l’enseignement en 1914 avant d’intégrer l’école de Haut-Rieux (Lillers) dirigée par son père. Le 30 décembre 1914, il souscrit un engagement volontaire au titre du 27e régiment d’artillerie. Grièvement blessé au Chemin des Dames en 1917, il fait l’objet de trois élogieuses citations, et reçoit la Croix de Guerre avec palmes, ainsi que la Médaille Militaire. Retourné à la vie civile, il devient instituteur à Vermelles en 1923, puis directeur de l’école des garçons d’Haisnes le 1er octobre 1925. Il obtient une mise à la retraite anticipée en avril 1939 (mutilé à 85 %).
Au cours de l’été 1940, Jules ANDRIEU entre en contact avec Sylvette LELEU, la veuve d’un garagiste béthunois tué au combat en septembre 1939.
Les facilités de déplacement de Sylvette vont permettre d’évacuer vers Paris un grand nombre de soldats britanniques. L’organisation de Mme LELEU, constituée d’une trentaine de personnes, incorpore le réseau parisien du «Musée de l’Homme», premier mouvement de résistance constitué en zone occupée. Ce rattachement va permettre aux résistants béthunois d’accroître et de diversifier leurs activités, notamment dans le renseignement. Jules ANDRIEU participe à différentes actions au sein de l’équipe: aide aux prisonniers britanniques évadés et aux résistants, passage de plans vers l’Angleterre, etc… Il participe également à la rédaction du journal clandestin Résistance que l’équipe parisienne du Musée de l’Homme fait paraître en
décembre 1940.
La trahison de GAVEAU engendre le démantèlement de l’état-major du Musée de l’Homme en avril 1941. L’enquête menée dans le Nord conduit à une vingtaine d’arrestations. Le 20 juin 1941, trois membres de la Gestapo font irruption au domicile de la famille ANDRIEU à Haisnes, fouillent la maison, mais ne découvrent ni les armes ni un important courrier prêt à partir, le tout étant dissimulé dans une petite étable. Ils emmènent Jules, d’abord interné à la prison de Béthune puis transféré à celle de Fresnes le 22 juin.
L’arrestation de sa fille Jeannette survient quelques jours plus tard. Emmenée à Paris, on la libèrera, faute de preuves.
Le procès dit du «Musée de l’Homme» s’ouvre à Paris le 6 janvier 1942 et dure six semaines. Le 23 février 1942, après la visite de son épouse Sophie et de sa fille Jeannette, Jules apprend qu’il sera fusillé à 17 heures. Il écrit une dernière lettre très émouvante. Son exécution et celle de six autres membres du réseau a lieu au Mont-Valérien à Suresnes (Seine). Les corps sont inhumés au cimetière d’Ivry, dans la section spéciale réservée aux «Criminels condamnés à mort par les Allemands».
Le 22 mars 1942, l’église de Vermelles rend hommage à Jules ANDRIEU.
Sous la pression des autorités occupantes, le curé de la paroisse, l’abbé LEU, doit renoncer à parer l’édifice de drapeaux tricolores. Les délégations d’anciens combattants ne peuvent assister à cette cérémonie. Sur le faire-part diffusé à cette occasion, la famille a fait ajouter, ultime provocation, la mention «Mort pour la France». Le corps de Jules sera ramené au cimetière de Vermelles après la guerre, et inhumé solennellement le 15 octobre 1944.
Les écoles d’Haisnes portent le nom de « Groupe scolaire Andrieu» depuis le 30 janvier 1945. À Vermelles, l’école du quartier de la Gare a été dénommée «école primaire Jules Andrieu» en 1962. Par décret du 12 février 1947, la commission d’homologation des grades FFI a élevé Jules ANDRIEU au grade de Commandant, à titre posthume.
Sources : article de Pascal GUILLEMANT – La résistance dans le Pas-de-Calais

RAYMOND MAENHAUT 1924 – 1944
Raymond MAENHAUT est né à Vermelles le 13 février 1924.
Son père, Henri MAENHAUT, ancien combattant de 14-18, est employé en qualité d’aiguilleur et de garde-barrière sur la ligne de chemin de fer entre Auchy-les-Mines et Vermelles. Sa mère, Madeleine Zoé DUCOURANT, est la nièce de Jules DUCOURANT, curé de Vermelles fusillé par les Allemands le 12 octobre 1914 pour avoir, du haut de son clocher et avec une lanterne, signalé aux troupes françaises et alliées les mouvements des soldats ennemis occupant le village.
Le couple MAENHAUT était domicilié route d’Auchy (actuelle rue Voltaire) dans la maison du garde-barrière.
Très tôt le jeune Raymond montre de brillantes dispositions scolaires et son remarquable parcours l’amène à fréquenter successivement le lycée de Saint-Omer puis le prestigieux lycée Henri IV de Paris où il prépare une licence en droit au sein de l’Ecole Nationale de la France d’Outre-Mer.
Il entre en résistance en 1943 et intègre le groupe Liberté et le Corps Franc «Essor», organe du réseau Velites Thermopyles de l’Organisation Civile et Militaire de la jeunesse (OCMJ).
Ce groupe pratique les attaques contre des centres du STO, contre des mairies (vols de tickets), la distribution de tracts et de journaux, la préparation militaire et le maniement des armes.
A partir de septembre 1943, Raymond MAENHAUT est reconnu agent P2 sous le matricule RX 3059.
Répondant aux appels codés de Radio Londres et suite au débarquement des alliés en Normandie, de nombreux jeunes résistants lycéens et étudiants parisiens du réseau Vélite-Thermopyles décidèrent de continuer la lutte en rejoignant un maquis de Corrèze après avoir été hébergés dans le Loiret dans une ferme près de La Ferté Saint-Aubin. Arrivés sur place le samedi 10 juin et vers cinq heures du matin, des agents du Sicherheitsdienst, service de renseignements de la S.S. d’Orléans, accompagnés de trois collaborateurs infiltrés français, firent irruption dans la ferme du By.
Trois résistants parvinrent à se cacher dont Lucien SCHMANT qui témoigna lors du procès après guerre.
Parmi les étudiants parisiens, André Parent sortit une carte qu’il tendit aux gestapistes allemands: il était du même service et venait de trahir ses amis!. Il indiqua qu’il n’y avait pas d’armes au By.
En effet, dans la journée du 9 juin, des bruits circulaient déjà dans la commune de La Ferté à propos de la présence des jeunes résistants, faisant craindre une dénonciation par des collaborateurs locaux à la Milice. Les armes furent donc transférées de la ferme du By à la ferme de la Tabardière, plus sûre, à deux kilomètres.
Lucien SCHMANT témoigna également qu’après un terrible interrogatoire et une fouille, puis une absence d’une demi-heure pour aller chercher les instructions téléphonées de leurs supérieurs par l’intermédiaire de la gendarmerie de La Ferté-Saint- Aubin, le peloton d’exécution les fit rejoindre une clairière située à l’écart de la ferme. Là un premier groupe de seize jeunes dont Raymond MAENHAUT fut abattu à la mitrailleuse, puis achevé d’une balle dans la tête. Puis ce fut le tour d’un deuxième groupe de treize étudiants arrêtés à la grange de La Fourmillière. Les corps des 29 victimes furent mis en bière au cimetière de La Ferté, le 12 juin.
Raymond MAENHAUT a été reconnu «Mort pour la France», nommé sous-lieutenant par décret du 25 octobre 1947 (JO du1er novembre1947) puis lieutenant FFI par décret du 30 janvier 1948. Il a été décoré à titre posthume de la Légion d’Honneur de la médaille de la Résistance, de la Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil et citation à l’ordre du corps d’armée le 10 novembre 1945. «Sans même l’espoir de la gloire a entrepris organisation et instruction militaire en plein Paris occupé. A l’appel aux armes est parti vers les lieux où l’action était plus dangereuse mais plus efficace» (Signé Mal Juin).Son nom a été inscrit dans la Nécropole Nationale Bellefontaine à La Ferté-Saint-Aubin et son corps fut ramené et inhumé dans la sépulture familiale au cimetière de Vermelles.
LE MEEC, STEPHAN, CASATI et MAENHAUT, abattus sur dénonciation le 10 juin 1944 à la ferme du By, furent honorés dans un poème de Claude DUCREUX (Mes années vertes) :
«…Parce qu’ils ne craignaient pas d’affronter la mort
Quatre noms pleins d’une odeur de terre et de sang
Quatre amis indissolublement soudés dans une même flaque de sang
Quatre corps desséchés qui ont perdu leur dernière goutte de sang.
Quatre noms silencieux gravés à jamais sur la pierre insipide
Quatre amis de la grande famille des jeunes cœurs intrépides
Quatre Français qui ne reculèrent jamais devant la souffrance Et qui sont morts en héros pour que vive la France.»

Auguste TRANNIN 1913-1943

Né le 8 février 1913 à Vermelles dans la maison familiale du Chemin de Lens (actuelle rue Henri Duquesne), Auguste est le fils d’Augustin François TRANNIN, houilleur, et d’Angèle Henriette PLANQUE, ménagère.
Après la première guerre mondiale, et alors que Vermelles se reconstruit peu à peu, la famille s’installe d’abord à Mazingarbe dans les maisons de la Cité 3. Puis en 1921, au décès d’Augustin le père d’Auguste, Angèle, la mère, et ses enfants occupent un logement de la cité 16 à Vermelles avant de rejoindre en 1936 la rue de Montpellier.
Entre temps, Auguste, devenu mineur, se marie avec Suzanne KINNEN le 7 juillet 1934 à Sedan où il demeure au 7 de la rue Sainte Barbe. Le couple revient rapidement habiter sur Vermelles où Auguste est employé par la Compagnie des Mines de Béthune au sein de la Fosse 4.
Chaleureux mais discret, affable mais extrêmement déterminé, Auguste TRANNIN est toujours prêt à rendre service mais aussi à se mobiliser et à se révolter dès lors que les valeurs auxquelles il croit sont menacées ou bafouées.
Militant communiste, il entre très vite en résistance et s’engage au sein des FTPF (Francs-tireurs et partisans français). Il y rejoint les groupes d’action de Charles LEGRAND de Cuinchy (il sera arrêté et condamné le même jour qu’Auguste TRANNIN) et de Jean LEFEBVRE de Beuvry (qui fut le chef du commando qui attaqua le commissariat de Beuvry pour y tuer le commissaire Yves THERY, pétainiste convaincu qui se vantait de torturer et exécuter les résistants).
Auguste TRANNIN cache et héberge à son domicile vermellois Augustin DELLERUE, «terroriste» dont la tête est mise à prix par la Gestapo et dont le visage est placardé sur les murs de la région sur une affiche signée par le Préfet de Lille, le sinistre Fernand CARLES.
Entre le sabotage de la voie ferrée Lens-Béthune près de Mazingarbe, la destruction de pylônes et d’installations électriques, le dynamitage de lignes de communication utilisées par l’ennemi et l’attaque de militaires allemands et le vol de leur armement, le combat d’Auguste TRANNIN cause des dégâts significatifs à l’occupant.
Mais le 16 décembre 1942, sur dénonciation, il est arrêté à Vermelles par la GFP, la Geheimfeldpolizei, pour «menées communistes et port d’armes prohibées». Interrogé et torturé, il ne parle pas. Il est condamné à mort le 24 mars 1943 par le tribunal militaire allemand d’Arras (OFK 670).
Auguste TRANNIN est fusillé le 24 avril 1943 à 19h57 dans les fossés de la citadelle d’Arras.
Le 30 juin 1943, le Général-Lieutenant Bertram commandant l’OFK 670 de Lille rendra l’avis suivant :
«Ont été jugés et condamnés à la peine de mort les nommés: Jean Swit (Noyelles-sous-Lens), Charles Legrand (Cuinchy), Auguste Trannin (Vermelles), Eugène Fouquet (Cuinchy), Pederencino (Liévin), Henri Verbrakèle (Liévin), Augustin Lombaerts (Courcelles-lès-Lens), Auguste Lancelin (Loos-en-Gohelle), Roger Vermesch (Loos-en-Gohelle), Maurice Camphin (Arras), Albert Saussez (Drocourt), André Finet (Vermelles), Pierre Fayeulle (Vermelles).
Les condamnés faisaient partie de groupes terroristes sous les ordres de chefs de bande ; Ciurlik, Lespagnol, Kania et Dellerue qui entre temps ont été mis hors d’état de nuire. Pour leurs crimes ils n’ont pas seulement voulu porter atteinte aux autorités d’occupation mais il résulte des attentats à main armée commis par eux contre des mairies, des postes de police et que ces individus étaient décidés à faire bon marché de la vie de leurs compatriotes. Il s’agit donc de criminels de droit commun qui ont subi le châtiment mortel. Les jugements ont été exécutés.».
Par décret en date du 27 décembre 1954, Auguste TRANNIN a été décoré à titre posthume de la médaille de la résistance française. Son épouse, Suzanne, arrêtée le 15 décembre 1942, a également été condamnée à Arras pour le même motif à quinze années de travaux forcés. Déportée au camp de Jauer près de Breslau en Haute Silésie, elle est libérée en 1945. Elle reçut la Croix de Guerre avec palmes pour ses actes héroïques et décorée de la Légion d’Honneur. Elle est décédée le 16 décembre 2000.

Pierre FAYEULLE 1921-1943 et André Finet 1921-1943

Né le 7 mars 1921 à Bully-les-Mines, Pierre FAYEULLE est le fils de Pierre, ouvrier mineur, et de Céline BUTEL. Il est célibataire et domicilié à Vermelles, au 107 cité Saint-Pierre. Il est mineur à la Fosse 4 de la Compagnie des Mines de Béthune.
Très tôt Pierre milite et s’engage. Homme de gauche, syndicaliste, patriote, il ne peut, quand arrive la guerre, se résoudre à accepter sans réagir l’occupation allemande et la collaboration pétainiste. Militant communiste, il rejoint la section de Béthune et le groupe de Vermelles des FTPF (Francs-Tireurs Partisans Français).
Pierre FAYEULLE participe avec son équipe à l’attentat commis le 15 décembre 1942 sur la voie ferrée Paris-Dunkerque à proximité de Mazingarbe. Il réalise le sabotage de voies ferrées à Pont-à-Vendin et au dynamitage de l’écluse de Cuinchy. en mars 1942 , sous les ordres de Jean LEFEBVRE.
Il est arrêté à Vermelles avec André FINET dans la nuit du 5 au 6 mars 1943 par la Geheimfeldpolizei, la GFP d’Arras pour «menées communistes et port d’armes prohibées».
Condamné à mort le 30 avril 1943 par le tribunal militaire d’Arras (OFK 670), Pierre FAYEULLE est fusillé le 14 mai 1943 à 18h44 dans les fossés de la citadelle d’Arras en même temps que son ami et frère d’armes André FINET.
Né le 3 mai 1921 à Marœuil, André FINET est le fils de Jean-Baptiste, maçon, et d’Élise LEGRU, ménagère. Il est célibataire et domicilié à Vermelles dans un logement minier de la cité Saint-Pierre. Il est mineur à la Fosse 4 de la Compagnie des Mines de Béthune.
Jeune militant communiste, il se mobilise très tôt pour la défense de la corporation minière. Dès qu’éclate la guerre, il s’engage au sein de la section de Béthune et le groupe de Vermelles des FTPF (Francs-Tireurs Partisans Français). Très vite il multiplie les actions de sabotage et mène un combat incessant contre l’occupant et les collaborateurs du régime de Vichy.
André FINET est arrêté en mars 1943 par les services de police allemands de la Geheimfeldpolizei (GFP) d’Arras alors qu’il préparait une action commanditée par son chef de groupe, Augustin DELLERUE de Beuvry. Ce dernier lui avait remis plusieurs grenades avec mission de les lancer contre le cantonnement allemand de Bully-les-Mines. Lors de la perquisition de son domicile, la police découvre des tracts manuscrits à diffuser pour l’anniversaire de l’Armée Rouge.
André Finet est condamné à mort par le tribunal allemand FK 670 d’Arras.
Il est fusillé avec Pierre FAYEULLE à la citadelle d’Arras le 14 mai 1943.
Les deux amis sont restés unis dans l’action comme dans la mort.

Joseph CONSONNI 1921-1944 – Louis BERTOUX 1922-1944 – Emile VIEUBLED 1921-1944 – André SENECHAL 1924-1944 – François SURDYK 1920-1944 – Alfred VAZE 1924-1944
Fusillés ensemble par groupes de six le 14 juin 1944 dans les fossés de la citadelle d’Arras

►Né le 8 mai 1921 à Mazingarbe, Joseph CONSONNI est le fils d’Antonio et de Sylvie ROYER. Il est célibataire et demeure rue Pasteur à Vermelles. Ouvrier mineur, il s’engage dans les FTP en 1943. Il est arrêté par les autorités allemandes le 9 juin 1944 à Cagnicourt (Pas-de-Calais) pour «menées communistes et détention illicite d’armes et d’explosifs». Condamné à mort le 11 juin 1944 par le tribunal militaire allemand (FK 670) d’Arras, il a été fusillé le 14 juin 1944 à la citadelle d’Arras à 20h29.
►Né le 9 août 1922 à Vermelles, Louis BERTOUX est le fils de Constantin et de Virginie BOUCHEZ. Il est célibataire et est domicilié à Vermelles, rue Lamendin. Ouvrier mineur, il est un actif militant communiste. Il s’engage dans les FTP à la fin de l’année 1942. Il est arrêté et fusillé le 14 juin 1944 à 20h50.
►Né le 16 octobre 1921 à Vermelles, Emile VIEUBLED est le fils d’Arthur, houilleur, et de Marie Hélène HECQUET, ménagère. Célibataire il demeure à Vermelles, rue Lamendin. Militant au sein de la SFIO, il est arrêté le 9 juin 1944 à Cagnicourt pour «menées communistes et détention illicite d’armes et d’explosifs». Condamné à mort le 11 juin 1944, il a été fusillé le 14 juin 1944 à 20h29 dans les fossés de la citadelle d’Arras.
►Né le 18 novembre 1924 à Vermelles, André SENECHAL est le fils de Marcel, houilleur, et de Gabrielle DHOUDAIN, ménagère. Il est célibataire et domicilié à Vermelles. Il est arrêté le 9 juin 1944 à Cagnicourt pour «menées communistes et détention illicite d’armes et d’explosifs» et fusillé le 14 juin 1944 à 20h29.
►Né le 20 juillet 1920 à Dortmund en Allemagne, François SURDYK est le fils de Stanislas et de Marianne KOLASNY. Il est célibataire et domicilié à Vermelles au 124 cité de Pierre. Il est arrêté le 9 juin 1944 à Cagnicourt pour «menées communistes et détention illicite d’armes et d’explosifs». Condamné à mort le 11 juin 1944, il a été fusillé le 14 juin 1944 à 20h50.
►Né le 28 mai 1924 à Vermelles, Alfred VAZE est le fils de Paul, houilleur à la Fosse 4, et de Joséphine GOBERT, ménagère. Il est célibataire, chaudronnier et demeure rue Jean Jaurès. Engagé au sein des FTP, il est arrêté le 9 juin 1944 à Cagnicourt pour «menées communistes et détention illicite d’armes et d’explosifs». Condamné à mort le 11 juin 1944, il a été fusillé le 14 juin 1944 à 20h15 dans les fossés de la citadelle d’Arras.
Le 6 juin 1944, les alliés débarquent sur les plages de Normandie. Pleins d’une ardeur nouvelle, les groupes de résistants sont à la recherche d’instructions et de mots d’ordre. A Vermelles comme ailleurs, on écoute Radio-Londres, à l’affût des messages. C’est pourquoi, quand les 5 et 8 juin résonnent sur les ondes «La sirène a les cheveux décolorés» puis «Le canapé est au milieu du salon», chacun a compris. C’est l’heure tant attendue et tant espérée ! L’ordre de regroupement et de marche est donné ! Les 2ème, 5ème et 6ème compagnies de FTP (soit 350 hommes environ) se mettent en route et ont pour mission d’aller combattre au côté des maquis d’Ardennes. Pour cela ils doivent d’abord rejoindre par différents chemins le bois d’Havrincourt au sud de Cambrai. Parmi eux, nos six Vermellois : Joseph CONSONNI, Louis BERTOUX, Emile VIEUBLED, André SENECHAL, François SURDYK et Alfred VAZE.
Hélas les Allemands ont eu vent de cette opération et partout, tout au long du chemin, de nombreux accrochages ont lieu et de nombreux jeunes sont tués ou capturés. Bien qu’alertés sur les zones à risques, où les patrouilles allemandes les attendent les armes au poing, les résistants vermellois ne renoncent pas et avancent vers le bois de Bourlon malgré les embuscades qui leur sont tendues. Malheureusement ils sont encerclés et, faute de munitions, sont capturés à Cagnicourt. Transférés à Arras, dans les cellules du quartier Turenne, ils sont jugés sommairement par le tribunal militaire allemand, condamnés à mort et exécutés le mercredi 14 juin 1944 par groupe de six dans les fossés de la citadelle. Leurs dépouilles sont jetées dans la fosse commune et recouverts de chaux vive et de terre. Mais rien ni personne n’effacera leur courage et leur bravoure, symboles de cette France qui se bat et ne renonce jamais !
