📜 28 mars 1789 : Le jour oĂč Vermelles a pris la parole

À la veille du grand basculement de la RĂ©volution française, le village de Vermelles, comme des milliers d’autres Ă  travers le royaume, a connu son moment d’effervescence dĂ©mocratique. Retour sur cette journĂ©e du 28 mars 1789, oĂč vingt-six citoyens se sont rĂ©unis sous les voĂ»tes de l’Ă©glise pour esquisser l’avenir.

🔔 Un rassemblement solennel au son de la cloche

Ce samedi-lĂ , l’atmosphĂšre est particuliĂšre. En vertu des ordres du roi Louis XVI donnĂ©s Ă  Versailles le 24 janvier, les habitants de Vermelles et du hameau de Rutoire (reprĂ©sentant alors 155 feux) sont convoquĂ©s pour prĂ©parer les États GĂ©nĂ©raux.

RĂ©unis « en la forme accoutumĂ©e » et au son de la cloche, vingt-six chefs de famille — tous nĂ©s ou naturalisĂ©s Français, ĂągĂ©s d’au moins 25 ans et inscrits sur les rĂŽles d’imposition — se retrouvent pour un acte fondateur : la rĂ©daction des cahiers de dolĂ©ances de la municipalitĂ© et le choix de leurs reprĂ©sentants.

đŸ‘„ Les visages de la dĂ©lĂ©gation vermelloise

Sous la prĂ©sidence d’ Augustin Guislain Pronnier , lieutenant de la commune alors ĂągĂ© de 36 ans, tous reconnaissent avoir une parfaite connaissance de l’ordonnance de Monsieur le Lieutenant GĂ©nĂ©ral du baillage et de la gouvernance d’Arras, lue lors du prĂŽne de la messe du vingt-cinq mars par le curĂ© Nicolas TIRTAINE.

L’assemblĂ©e procĂšde Ă  l’Ă©lection de ses dĂ©putĂ©s.TrĂšs vite le consensus se porte sur deux figures respectĂ©es de la communautĂ© :

  • ​Charles Augustin Brehon, 39 ans, fermier natif d’Annezin.
  • Alexandre François Deruelle, 49 ans, Ă©galement fermier.

Par serment, ces deux hommes s’engagent Ă  reprĂ©senter honnĂȘtement et fidĂšlement les habitants du village au bailliage secondaire d’Arras, et de s’acquitter avec probitĂ© de la lourde tĂąche qui leur est confiĂ©e, avec la mission de contribuer le trente mars Ă  l’Ă©lection des dĂ©putĂ©s du Tiers-État de l’Artois.

​❓ Le mystùre des cahiers disparus

HĂ©las, les cahiers de dolĂ©ances de notre commune ne nous sont pas parvenus. Seul Ă  Ă©chapper aux alĂ©as de l’histoire subsiste le procĂšs-verbal de cette rĂ©union du vingt-huit mars ( voir document ci-dessous).

( source Archives départementales du pas de calais)

Nul doute que les cahiers vermellois reprenaient les revendications gĂ©nĂ©ralement Ă©mises dans l’ensemble du royaume (et Ă©voquĂ©es dans le  document 1 ci-aprĂšs ») :

  • ​La rĂ©forme des abus administratifs.
  • ​L’Ă©tablissement d’un ordre juste et durable.
  • ​La prospĂ©ritĂ© gĂ©nĂ©rale et le bien de tous les sujets de Sa MajestĂ©.

« S’acquitter avec probitĂ© de la lourde tĂąche qui leur est confiĂ©e. » — Un engagement fort pris par les dĂ©lĂ©guĂ©s locaux dans une pĂ©riode de profonde incertitude.

đŸ›ïž Pourquoi cette archive est-elle prĂ©cieuse ?

Ce document tĂ©moigne de l’organisation sociale de notre commune Ă  la fin du XVIIIe siĂšcle. Il nous rappelle que, mĂȘme dans un petit village d’Artois, l’esprit de citoyennetĂ© et le dĂ©sir de changement Ă©taient dĂ©jĂ  bien ancrĂ©s.


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